Toute chirurgie oculaire crée une plaie cornéenne, même minime. Les délais de cicatrisation varient fortement selon l'intervention : quelques jours après une cataracte, plusieurs mois après une greffe. Cette page détaille les suites normales, intervention par intervention, et les signes qui doivent faire consulter.
La chirurgie moderne de la cataracte se fait par de très petites incisions cornéennes, de l'ordre de deux millimètres, généralement auto-étanches et sans point de suture. Ces micro-incisions se referment en quelques jours.
La vision s'améliore souvent dès les premiers jours, mais elle peut rester floue ou fluctuante pendant deux à quatre semaines à cause d'un œdème cornéen transitoire : les ultrasons utilisés pour fragmenter le cristallin sollicitent l'endothélium, qui met un peu de temps à reprendre son travail de déshydratation de la cornée. La stabilisation complète de la vision demande généralement quatre à six semaines, délai après lequel une correction optique définitive peut être prescrite.
Une sécheresse oculaire postopératoire est très fréquente et souvent sous-estimée : les incisions sectionnent des nerfs cornéens, ce qui réduit temporairement la sensibilité et le réflexe de sécrétion lacrymale. Elle explique une bonne part des sensations de grain de sable, de picotement ou de vision fluctuante des premières semaines, et justifie l'usage prolongé de larmes artificielles sans conservateur.
Les délais dépendent entièrement de la technique, car elles n'agressent pas la surface de la même façon.
| Technique | Fermeture de la surface | Stabilisation visuelle |
|---|---|---|
| LASIK | Quelques heures (volet repositionné) | Vision fonctionnelle dès le lendemain ; affinage sur quelques semaines |
| PKR (de surface) | 3 à 5 jours (repousse de l'épithélium) | 1 à 3 mois |
| SMILE | Quelques jours (micro-incision) | Quelques jours à quelques semaines |
La PKR est la plus inconfortable des trois dans les premiers jours, précisément parce qu'elle repose sur une véritable cicatrisation épithéliale : l'épithélium est retiré et doit repousser, exactement comme après une érosion. Une lentille pansement est mise en place le temps de cette repousse. La contrepartie de cet inconfort initial est l'absence de volet cornéen, donc pas de risque lié au volet à long terme.
Après une PKR, un phénomène particulier peut survenir : le haze, un voile cicatriciel superficiel lié à une réaction excessive des kératocytes. Il apparaît typiquement entre un et trois mois et régresse le plus souvent spontanément. C'est un exemple direct de cicatrisation stromale mal régulée, et c'est l'un des mécanismes que détaille le cours sur la cicatrisation cornéenne.
C'est la situation où la cicatrisation est la plus longue, car il s'agit de faire cohabiter durablement un tissu donneur avec le tissu receveur.
Après une greffe transfixiante, qui remplace toute l'épaisseur de la cornée, les fils de suture restent en place un an ou plus. La vision se stabilise sur douze à dix-huit mois, au fur et à mesure du retrait progressif des fils et de la stabilisation de l'astigmatisme.
Après une greffe lamellaire endothéliale (DMEK, DSAEK), qui ne remplace que la couche postérieure, la récupération est nettement plus rapide : de quelques semaines à trois mois, sans suture cornéenne étendue. Après une DALK, qui remplace la partie antérieure en conservant l'endothélium du patient, les délais se rapprochent de ceux de la greffe transfixiante pour la stabilisation réfractive.
Le suivi reste prolongé dans tous les cas, notamment en raison du risque de rejet, qui peut survenir des années après la greffe. Une baisse de vision, une rougeur ou une photophobie d'apparition récente chez un patient greffé doivent toujours être considérées comme potentiellement un rejet, et faire consulter rapidement. Le site dédié Greffe de cornée traite ce sujet en détail.
Sont habituels dans les suites d'une chirurgie cornéenne : une vision floue ou fluctuante, une sensation de grain de sable, un larmoiement, une gêne à la lumière, une légère rougeur. Ces symptômes s'atténuent progressivement.
Un point mérite d'être souligné : la persistance d'une plaie de surface au-delà de deux semaines après une chirurgie n'est jamais banale. On parle alors de défect épithélial persistant, et il faut en chercher la cause — sécheresse sévère, perte de sensibilité cornéenne, diabète, toxicité des collyres. Ce point est développé sur la page durée de cicatrisation.
Ulcération de cornée ou retard de cicatrisation, après chirurgie ou spontané.
Consultation urgente →Ces informations sont fournies à titre pédagogique et ne remplacent pas l'avis de votre chirurgien, qui connaît le détail de votre intervention et de votre situation. Les délais indiqués sont des ordres de grandeur et varient d'un patient à l'autre.